Talents - Février 2016

Dans toute organisation, le changement provoque des réactions favorables et des réactions de résistance. 

Que ce soit personnellement ou professionnellement. Partons d’un constat : la résistance aux changements est normale et on doit s'y attendre. Quelles sont les mécanismes mis en place? Qu’est-ce qui fait qu’on change ou pas ?

Pour répondre il faut se pencher sur notre cerveau et son mode de fonctionnement. Par essence, le cerveau est amené à changer : il nous construit depuis notre tendre âge aux travers des apprentissages. Sa plasticité permet d’expliquer nos progrès une fois adultes en marge de nos acquis, l’adaptation après une lésion du cerveau …

Sommes-nous des êtres conscients et rationnels ou bien guidés par nos instincts ?

Les deux ! Le cerveau fonctionne avec ces deux modes : le système automatique (intuitif) et le système réfléchi (délibéré).

  • Dans le système intuitif (ou émotionnel), nous ne sommes pas conscients des raisons de notre raisonnement. Ce mode de fonctionnement s’adapte aux situations familières.
  • Dans le système réfléchi tout est logique et planification. Ce système est délibéré et analytique : nous sommes pleinement conscients de nos choix, donc de notre comportement.

Expliquer le comportement humain revient à prendre en compte ces deux systèmes (opposés). 

La prise de décisions, la réaction face aux changements est complexe parce que ces deux systèmes sont eux-mêmes composés de 3 catégories d’influences sur ce-dit comportement (les facteurs psychologiques, les facteurs anthropologiques et les facteurs d’économie comportementale).

En fonction (par exemple) de nos habitudes, du contexte mais aussi de ce que le changement modifie (ou pas) mon sens moral, j’accepterai le changement ou m’y opposerait.

On voit, dans ce schéma, toute la complexité de l’être humain !

 

Quelles sont les différentes réactions naturelles face au changement ?

Plus que de réactions, parlons de stades parce qu’ils vont se succéder (ou pas).

  • L’inquiétude parce que tout ce qui vous paraissait familier est remis en question.

Que faire ? Obtenir le plus d’information possible, en parler avec d’autres, prendre soin de soi. Mais ne faites pas la sourde oreille, tirez des conclusions hâtives. Prenez le temps.

  • L’opposition de par la perception de l’ampleur de ce que perdez ou pensez perdre, du nombre de changements qu’impose l’annonce.

Que faire ? Comprendre ce qu’on attend de vous, ne pas se mentir à soi-même (j’évite le changement ou pas ?), se rappeler que tout changement apporte son lot d’opportunités

  • L’acceptation en vous rendant compte que certains craintes n’étaient pas fondées ou bien parce que vous êtes plus optimiste, confiant.

Que faire ? Se dire que c’est une étape positive, tournée vers l’avenir. Que vous êtes en mesure de faire face à l’inconnu, être indulgent parce que changer c’est apprendre, se tromper et recommencer.

  • La découverte de ce qui va devenir votre quotidien. Garder l’esprit ouvert pour découvrir, apprendre toujours et encore, pensez que tout ce changement ce sont des expériences enrichissantes (personnellement ou professionnellement).

 

Quelles sont les conditions pour décider de changer / passer à l’action ?

  • Un signal déclencheur qui va être personnel, chacun son déclic en somme !
  • Une réaction intuitive : je décide de « faire », mon cerveau se souvient de l’expérience déjà vécue et analyse (c’était bien/pas bien). D’où la question « est-ce que je le fais ? »
  • Une évaluation consciente des coûts (financiers, humains, effort…), des bénéfices. « Est-ce que ça en vaut la peine ? » « Quel intérêt pour moi ? »
  • Une évaluation pratique où des questions de logistique, de timing, d’urgence, de gestion de priorité peuvent se poser.

Retenons une chose, la première condition pour changer c’est de le vouloir, vraiment. Parce que changer c’est accepter de ne plus avoir d’automatismes, de prendre en compte ses émotions, d’accepter de se tromper, se permettre de rebondir face à l’échec (d’où la bienveillance envers soi-même). Nous connaîtrons toutes et tous l’inconfort du débutant. Alors tentons le changement !

Le changement peut être émotionnellement éprouvant

Il est normal d’hésiter, de peser le pour et le contre. Il est vrai que, de manière générale, une vision positive face à la vie permet d’avoir une meilleure emprise sur ce qui nous arrive.

Nous sommes alors plus à même de composer face à de nouvelles situations.

NB/ Si le bilan que nous faisons de la situation de changement est positif et que nous n’arrivons pas à changer, mieux vaut admettre que la peur raisonnable cache des craintes irrationnelles.

 

Pistes de réflexions :
Se tourner vers l'avenir avec confiance et ne pas se laisser influencer par nos peurs.
Rechercher les émotions positives.
Envisager la nouveauté comme on le faisait quand on était jeune : sans à priori, loin de la routine, avec une part d’inconnu.
Prendre des risques et rechercher de nouvelles règles de vie.
Confronter ses veilles croyances avec les valeurs d'aujourd'hui.

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

Je vous propose un jeu-questionnaire : comment vivez-vous le changement à retrouver ici et vous saurez dans quelle étape vous vous situez. A la suite de ce questionnaire vous trouvez plusieurs exercices, questionnements pour vous aider à aller plus loin sur la question du changement.

TNS SOFRES propose un livre blanc sur  « Comprendre et accompagner les changements de comportement ».

Article sur la plasticité neuronale : http://www.scienceshumaines.com/la-plasticite-cerebrale_fr_14724.html

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